Factur-X, UBL, CII : les trois formats de la facture électronique comparés
Les plateformes agréées doivent toutes accepter Factur-X, UBL et CII. Trois formats, une même norme européenne : ce qui les distingue vraiment, et lequel choisir pour émettre ses factures.
Depuis la réforme de la facturation électronique, une facture entre entreprises assujetties à la TVA doit circuler sous forme de données structurées, par l’intermédiaire de plateformes agréées. Ces plateformes doivent toutes accepter un socle de trois formats : Factur-X, UBL et CII. Les trois expriment la même norme européenne, EN 16931 ; ils diffèrent par leur forme.
| Format | Forme | Lisible par un humain | Origine |
|---|---|---|---|
| Factur-X | PDF/A-3 avec un XML CII embarqué | Oui, comme un PDF | FNFE-MPE et FeRD (identique à ZUGFeRD) |
| UBL | XML seul | Non, sans logiciel | OASIS, norme ISO/IEC 19845 |
| CII | XML seul | Non, sans logiciel | CEFACT-ONU |
Une norme, deux syntaxes, un hybride
La norme EN 16931 décrit les données d’une facture (vendeur, acheteur, lignes, TVA, totaux, conditions de paiement) sans imposer d’écriture. Deux syntaxes XML ont été reconnues conformes pour l’écrire : UBL 2.1 et le Cross Industry Invoice (CII) du CEFACT-ONU. Pour chaque donnée de la norme, le CEN publie l’élément correspondant dans chacune des deux syntaxes : une facture UBL et une facture CII bien formées contiennent donc la même information, rangée différemment.
Factur-X n’est pas une troisième syntaxe : c’est un PDF/A-3 qui embarque une facture CII sous le nom factur-x.xml. C’est le seul des trois formats qui combine une représentation lisible par un humain et des données structurées.
Ce que voit un destinataire
C’est la différence la plus concrète. Un fichier UBL ou CII ne contient que des données XML, sans aucune mise en page : ouvert dans un navigateur, il affiche du code, et il faut un logiciel compatible pour le présenter comme une facture. Une facture Factur-X s’ouvre comme n’importe quel PDF ; le XML qu’elle contient reste invisible sans outil, mais il est là pour le logiciel comptable.
Ce double contenu a un revers : la partie visuelle et la partie XML d’une facture Factur-X sont produites séparément et peuvent, en théorie, différer. Seul le XML est importé automatiquement. Comparer les deux, montant et IBAN en tête, reste une précaution utile face à une facture inattendue.
Les profils Factur-X
Factur-X se décline en cinq profils, du plus léger au plus riche : MINIMUM, BASIC WL, BASIC, EN 16931 et EXTENDED. Les deux premiers ne contiennent pas de lignes de facture dans leur XML : le détail des articles n’existe alors que dans la partie visuelle. Le profil se lit dans le XML ou dans les métadonnées du PDF ; l’outil Lire une facture électronique l’affiche.
UBL et CII n’ont pas de profils au sens de Factur-X, mais un identifiant de spécialisation (CustomizationID en UBL, identifiant de contexte en CII) qui indique les règles suivies : la norme seule, ou une déclinaison comme Peppol BIS Billing 3.0, le format du réseau européen Peppol.
Lequel choisir pour émettre
Dans la plupart des cas, le choix revient au logiciel de facturation ou à la plateforme agréée de l’entreprise, qui convertissent au besoin : un émetteur en Factur-X peut adresser une facture à un client dont la plateforme travaille en UBL.
- Factur-X convient aux entreprises qui facturent des clients de toutes tailles : ceux qui ne sont pas encore équipés lisent un PDF, les autres en importent les données.
- UBL est la syntaxe des échanges Peppol, utile pour les entreprises qui facturent aussi dans d’autres pays européens.
- CII sert surtout d’échange entre logiciels qui le pratiquent déjà ; c’est aussi le contenu de toute facture Factur-X.
Quel que soit le format, les nouvelles mentions imposées par la réforme (SIREN du client, adresse de livraison si elle diffère, nature des opérations, option pour le paiement de la TVA d’après les débits) doivent y figurer : elles relèvent de l’article 242 nonies A de l’annexe II du code général des impôts, pas du format.
Lire une facture électronique →
Formats concernés
- Factur-X (facture électronique hybride PDF + XML)
- UBL (Universal Business Language)
- CII (UN/CEFACT Cross Industry Invoice)
Catégories concernées
Voir aussi
- Reconnaître un faux justificatif PDF (facture, attestation) : les signaux techniques à vérifier
- Comment savoir si un PDF a été modifié après sa signature
Questions fréquentes
Quel format de facture électronique choisir pour une petite entreprise ?
Le plus souvent, celui que produit le logiciel de facturation ou la plateforme agréée, sans avoir à choisir soi-même. Si le choix se pose, Factur-X a l'avantage de rester lisible comme un PDF ordinaire par un client qui n'est pas encore équipé, tout en portant les données structurées. UBL et CII ne contiennent que des données, sans présentation visuelle.
Un fichier UBL peut-il être converti en CII, ou l'inverse ?
Oui, en principe sans perte pour les données de la norme : UBL et CII expriment le même modèle sémantique européen (EN 16931), et le CEN publie la correspondance de chaque donnée avec chacune des deux syntaxes. Les plateformes agréées assurent ces conversions entre elles.
Sources
- DGFiP / AIFE : dossier de spécifications externes de la facturation électronique
- DGFiP : FAQ « Je découvre la facturation électronique » (1er septembre 2026)
- Commission européenne : syntaxes requises par la norme EN 16931
- FNFE-MPE : Factur-X
- Légifrance : article 242 nonies A de l'annexe II du CGI (mentions obligatoires)
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