DPX, EXR, HDR, FITS : formats d'image HDR et scientifiques professionnels
Cinéma, effets visuels, rendu 3D et astronomie utilisent chacun un format d'image capable de dépasser la plage 0-255 du JPEG ou du PNG. Ce qui distingue DPX, EXR, HDR et FITS, et pourquoi ils paraissent délavés ou trop sombres dans une visionneuse classique.
Ces quatre formats répondent au même problème de fond (représenter une plage de luminosité ou de données bien plus large que les 256 niveaux par canal d’un JPEG ou d’un PNG) mais chacun dans un domaine professionnel distinct, avec des choix d’encodage différents.
| Format | Domaine | Profondeur / encodage | Compression | Normalisation |
|---|---|---|---|---|
| DPX | Tournage et étalonnage cinéma | 10-16 bits/canal, entiers | Aucune | SMPTE, 1994 |
| EXR | Effets visuels, compositing | 16-32 bits/canal, virgule flottante | Sans perte (optionnelle) | Open source (ILM, 2003) |
| HDR (Radiance) | Rendu 3D, éclairage (IBL) | Exposant partagé (RGBE) | RLE optionnelle | Format du logiciel Radiance |
| FITS | Astronomie | Variable, entête de mots-clés | Généralement aucune | IAU, 1982 |
Le DPX, normalisé par la SMPTE en 1994, stocke chaque image d’un film en 10 ou 16 bits par canal sans aucune compression, un plan étant archivé comme une séquence de milliers de fichiers DPX individuels plutôt que comme une vidéo encodée en continu, ce qui permet de reprendre le montage à n’importe quelle image précise sans décoder l’ensemble du flux. Il reste la référence de l’archivage et de l’étalonnage cinéma, notamment dans les flux ACES (Academy Color Encoding System).
L’EXR (format du projet OpenEXR), développé par Industrial Light & Magic et publié en open source en 2003, pousse la profondeur de couleur jusqu’à la virgule flottante 32 bits par canal, sans plafond de luminosité représentable, contrairement au DPX à valeurs entières bornées. Il reste la référence de l’échange d’images HDR entre logiciels de rendu 3D et de compositing, avec la capacité unique de regrouper dans un seul fichier des canaux au-delà du rouge/vert/bleu (masques, vecteurs de mouvement, profondeur en canal Z).
Le HDR (format Radiance, RGBE) encode chaque pixel avec un exposant partagé entre les trois canaux de couleur, une astuce qui condense une très large plage de luminosité en seulement 4 octets par pixel, un compromis nettement plus compact que la virgule flottante pleine précision de l’EXR, au prix d’une précision moindre. Il reste le format de référence pour les cartes d’environnement (“environment maps”) en éclairage basé image.
Le FITS, adopté par l’Union astronomique internationale en 1982 et jamais réellement remplacé depuis, se distingue des trois précédents par sa vocation : au-delà de l’image, il transporte aussi des données tabulaires ou spectrales d’observation, dans un en-tête texte de mots-clés normé mais librement extensible. Les données du télescope spatial James Webb, comme celles de la quasi-totalité des grands observatoires, sont diffusées dans ce format.
Le point commun pratique des quatre : ouverts dans une visionneuse d’image classique, ils paraissent souvent trop sombres, délavés ou totalement illisibles, faute d’un mappage tonal (tone mapping) ou d’un décodeur adapté à leurs métadonnées scientifiques : un logiciel professionnel du domaine concerné (DaVinci Resolve pour le DPX, Blender pour l’EXR et le HDR, DS9 ou Astropy pour le FITS) reste nécessaire pour les interpréter correctement.
Quatre domaines différents partagent donc le même besoin de dépasser les 8 bits par canal : DPX pour l’archivage cinéma image par image sans compression, EXR pour le compositing et le rendu 3D multi-canaux en virgule flottante, HDR pour l’éclairage 3D compact, FITS pour les données scientifiques d’observation astronomique.
Identifier le format réel du fichier →
Formats concernés
Catégories concernées
Voir aussi
Questions fréquentes
La compression d'un fichier EXR est-elle avec ou sans perte ?
Cela dépend de la méthode choisie à l'enregistrement. PIZ, ZIP, ZIPS, RLE et ZSTD sont sans perte, tandis que PXR24, B44, B44A, DWAA et DWAB sont avec perte : PXR24 réduit par exemple les flottants 32 bits à 24 bits avant compression.
Pourquoi la taille d'un fichier FITS est-elle toujours un multiple de 2 880 octets ?
La norme FITS découpe chaque en-tête et chaque bloc de données en unités de 2 880 octets, complétées au besoin par des espaces ou des octets nuls. Un en-tête est composé d'enregistrements texte fixes de 80 caractères, soit 36 mots-clés par bloc.
Sources
- Wikipedia : Digital Picture Exchange
- OpenEXR : documentation officielle
- Wikipedia : Radiance (software)
- IAU FITS Working Group : norme officielle
- OpenEXR : Technical Introduction (méthodes de compression)
- NASA GSFC : A Primer on the FITS Data Format
Dernière mise à jour :