Comparatif

TTF, OTF, WOFF, WOFF2 : quel format de police choisir selon l'usage

Police système, document bureautique ou site web : les quatre formats de police dominants ne visent pas le même usage. Ce qui les distingue réellement.

Ces quatre formats se répartissent en réalité sur deux usages distincts : l’installation locale (système d’exploitation, logiciels de création) d’un côté, le chargement web de l’autre ; les confondre mène à des polices bien plus lourdes que nécessaire sur un site.

FormatUsage viséCompressionMeilleur usage
TTFLocal (OS, logiciels)AucuneInstallation locale
OTFLocal (OS, logiciels)AucuneInstallation locale, typographie avancée
WOFFWebOuiRepli pour d'anciens navigateurs
WOFF2WebOui (Brotli)Premier choix pour le web actuel
EOTWeb (Internet Explorer, disparu)OuiObsolète, à ne plus utiliser
TTCLocal (OS, logiciels)Aucune (partage de données entre polices)Regrouper plusieurs graisses ou langues

Le TTF (TrueType), développé par Apple à la fin des années 1980, décrit les glyphes avec des contours à courbes quadratiques. C’est, avec l’OTF, l’un des deux formats installés nativement sur la quasi-totalité des systèmes d’exploitation et logiciels de création.

L’OTF (OpenType), développé conjointement par Microsoft et Adobe à partir de 1996, ajoute des contours PostScript (courbes de Bézier cubiques) et des fonctionnalités typographiques avancées (ligatures contextuelles, alternates stylistiques) absentes du TrueType d’origine. TTF et OTF sont aujourd’hui les deux formats à privilégier pour une installation locale (document, logiciel de PAO), aucun des deux n’étant optimisé pour le poids de transfert réseau.

Le WOFF, normalisé par le W3C en 2012, enveloppe une police TTF ou OTF existante dans un conteneur compressé conçu spécifiquement pour réduire le temps de chargement depuis une page web ; il n’a pas vocation à remplacer TTF/OTF pour un usage bureautique.

Le WOFF2, publié par le W3C en 2018, améliore le WOFF avec l’algorithme de compression Brotli et une réorganisation plus compacte des données, réduisant encore le poids transféré au navigateur. Il est aujourd’hui le format de référence pour le web, supporté par la totalité des navigateurs modernes.

L’EOT, premier format de police web propriétaire de Microsoft pour Internet Explorer, a totalement disparu avec l’arrêt de ce navigateur : il n’y a plus de raison de l’utiliser aujourd’hui.

Le TTC (TrueType Collection) n’est pas un concurrent des quatre précédents mais un conteneur qui en regroupe plusieurs : il rassemble plusieurs polices TTF ou OTF d’une même famille (les différentes graisses d’une police système, par exemple) en partageant leurs tables de données communes, plutôt que de les dupliquer. Sa signature “ttcf” le distingue d’une police individuelle. Ce partage est particulièrement efficace pour les polices couvrant de vastes répertoires de glyphes : Google distribue ainsi sa police Noto Sans CJK en TTC, les variantes japonaise, coréenne et chinoise partageant un grand nombre de glyphes communs, tout comme Apple pour ses polices système d’Asie de l’Est (Hiragino, PingFang).

Retenir TTF ou OTF pour une police installée localement (document, logiciel), TTC quand plusieurs graisses ou langues d’une même famille doivent être distribuées ensemble sans dupliquer leurs données communes, WOFF2 en premier choix pour le web avec WOFF en repli pour d’anciens navigateurs, et ignorer EOT.

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Formats concernés

Catégories concernées

Voir aussi

Sources

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