Une police TTF ou OTF refuse de s'installer, ou n'apparaît pas dans les logiciels : les causes courantes
Windows ou macOS signale une police « endommagée » ou l'installe sans qu'elle apparaisse dans Word ou Photoshop : les causes techniques les plus fréquentes, au-delà d'un simple fichier corrompu.
Un message signalant qu’un fichier TTF ou OTF est “endommagé” ou “n’est pas une police valide” ne signifie pas systématiquement que le fichier lui-même est corrompu : plusieurs causes bien identifiées produisent exactement le même symptôme.
La première cause, la plus fréquente, est un conflit de nom : une police portant le même nom interne (pas nécessairement le même nom de fichier) qu’une police déjà installée est refusée ou ignorée silencieusement par le système, qui considère qu’elle est déjà présente. Ce conflit se produit typiquement lors de la réinstallation d’une police mise à jour sans avoir désinstallé au préalable l’ancienne version.
La deuxième cause concerne spécifiquement les fichiers .otf : la spécification OpenType autorise deux types de contours radicalement différents à l’intérieur du même conteneur “sfnt” — contours PostScript/CFF (identifiés par la signature “OTTO”) ou contours TrueType classiques (signature 00 01 00 00, identique à celle d’un vrai TTF). Un logiciel plus ancien qui ne gère qu’un seul des deux types peut refuser d’installer ou d’afficher correctement une police OTF pourtant valide, simplement parce qu’elle utilise le type de contour qu’il ne sait pas interpréter.
La troisième cause touche le cache de polices du système d’exploitation : Windows et macOS conservent tous deux un cache des polices installées pour accélérer leur chargement, et ce cache peut se désynchroniser de l’état réel du dossier de polices après une installation ou suppression manuelle en dehors du panneau de gestion des polices — une police fraîchement copiée dans le dossier système peut alors ne jamais apparaître dans les logiciels tant que ce cache n’a pas été régénéré, typiquement après un redémarrage.
Enfin, une police “variable” (variable font), capable d’encoder plusieurs graisses et largeurs interpolables dans un seul fichier, reste une extension plus récente de la norme sfnt : un logiciel de création ancien qui ne prend en charge que les polices statiques classiques peut installer le fichier sans erreur tout en n’exposant qu’une seule graisse par défaut, ou aucune, plutôt que la famille complète attendue.
Avant de conclure à un fichier réellement corrompu, tester la police dans la visionneuse de polices native du système (qui affiche un aperçu sans l’installer) permet de distinguer un problème de fichier d’un problème d’installation ou de compatibilité logicielle.
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