EMF, WMF, CGM : les métafichiers vectoriels hérités de Windows et de la CAO
Ces trois formats vectoriels anciens n'enregistrent pas une image mais une suite de commandes de dessin : ce qui les distingue, de l'écosystème Windows à la documentation technique normalisée ISO.
Ces trois formats partagent un principe commun peu répandu aujourd’hui : ils n’enregistrent pas une grille de pixels ni des courbes géométriques comme le SVG, mais une suite de commandes de dessin à rejouer pour reconstruire l’image, une approche qui permet un redimensionnement sans perte, mais reste dépendante du bon fonctionnement du lecteur qui interprète ces commandes.
| Format | Origine | Nature des commandes | Usage actuel |
|---|---|---|---|
| WMF | Windows (avant Windows 95) | GDI, coordonnées 16 bits | Obsolète, anciens documents Office |
| EMF | Windows (depuis Windows NT 3.1) | GDI, coordonnées 32 bits | Presse-papiers Windows, spouleur d'impression |
| CGM | Norme ISO (1987) | Indépendantes de tout système | Documentation aéronautique et de défense (S1000D) |
Le WMF (Windows Metafile) enregistre une suite d’appels à l’interface graphique GDI de Windows plutôt qu’une image : le dessin se reconstruit en rejouant ces commandes. Ses coordonnées limitées à 16 bits, héritées des débuts de Windows, peuvent provoquer des imprécisions sur de grands dessins. Cette approche par rejeu de commandes a aussi été source de failles de sécurité historiques : une vulnérabilité découverte fin 2005, suffisamment sérieuse pour qu’un correctif d’urgence hors calendrier habituel soit publié, permettait l’exécution de code arbitraire à la simple prévisualisation d’un WMF piégé.
Le EMF (Enhanced Metafile), introduit avec Windows NT 3.1, succède au WMF avec des coordonnées 32 bits et un jeu de commandes GDI étendu. Windows le privilégie aujourd’hui par défaut : c’est le format d’échange du presse-papiers Windows pour du contenu vectoriel copié depuis Word ou PowerPoint, et le spouleur d’impression de Windows l’utilise lui-même comme format intermédiaire avant rasterisation. Sa portabilité réelle reste toutefois limitée à l’écosystème Windows, contrairement au SVG normalisé et indépendant de tout système.
Le CGM (Computer Graphics Metafile), normalisé par l’ISO dès 1987, décrit lui aussi des commandes de dessin, mais de façon indépendante de tout logiciel ou système d’exploitation, contrairement au WMF et à l’EMF, propres à l’API GDI de Windows. Cette neutralité lui vaut d’être encore imposé dans certaines normes techniques (documentation aéronautique et de défense, via la norme S1000D), là où d’autres secteurs lui ont préféré le SVG. Son usage reste aujourd’hui cantonné à des obligations contractuelles ou réglementaires plutôt qu’à un choix technique spontané.
WMF et EMF sont donc des vestiges de l’écosystème Windows, le second ayant remplacé le premier depuis les années 1990 sans jamais viser une portabilité hors de Windows ; le CGM, seul de ces trois formats normalisé indépendamment d’un système, survit uniquement là où une norme réglementaire l’impose explicitement.
Formats concernés
Catégories concernées
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Questions fréquentes
Qu'est-ce que le format EMF+ ?
C'est une extension de l'EMF qui décrit le dessin avec des commandes proches de GDI+, l'API graphique qui a succédé à GDI. Un fichier EMF+ reste un EMF : ses enregistrements EMF+ sont embarqués dans des enregistrements de commentaire EMF, et une variante dite « EMF+ Dual » contient aussi une version EMF classique complète du dessin pour les lecteurs qui ignorent EMF+.
Sources
- Microsoft : spécification EMF
- ISO/IEC 8632 : norme CGM
- Microsoft Learn : [MS-EMFPLUS] Metafile Structure
- Microsoft Learn : [MS-EMFPLUS] EmfPlusHeader Record (indicateur Dual)
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