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DOTX, XLTX, XLT, POT : pourquoi ouvrir un modèle Office crée un nouveau document

Un double-clic sur un modèle Word, Excel ou PowerPoint (.dotx, .xltx, .xlt, .pot) n'ouvre jamais le fichier lui-même : il crée une copie vierge. Comment fonctionne ce mécanisme, identique dans son principe depuis les formats binaires jusqu'à l'OOXML.

Word, Excel et PowerPoint proposent chacun un format de modèle réutilisable, dans deux générations technologiques différentes, mais avec exactement le même comportement à l’ouverture : au lieu d’éditer le fichier modèle lui-même, l’application crée un nouveau document vierge qui en hérite la mise en forme, laissant l’original intact pour un usage répété.

FormatApplicationGénérationÉquivalent document normal
DOTXWordOffice Open XML (2007+)DOCX
XLTXExcelOffice Open XML (2007+)XLSX
XLTExcelBinaire (Excel 97-2003)XLS
POTPowerPointBinaire (PowerPoint 97-2003)PPT

Le DOTX et le XLTX, introduits avec Office 2007, sont des archives ZIP structurellement identiques à un DOCX ou un XLSX ordinaire : leur signature binaire (PK\x03\x04) ne les distingue en rien d’un document normal. La différence se joue entièrement dans un fichier interne, [Content_Types].xml, qui déclare explicitement le rôle de modèle du document principal. Word ou Excel lisent cette déclaration avant de décider comment ouvrir le fichier, indépendamment de l’extension apparente sur le disque.

Le XLT et le POT, hérités d’Excel et PowerPoint 97-2003, appliquent le même principe dans le conteneur plus ancien, le Compound File Binary Format (OLE2), le même que celui du .xls ou du .ppt classiques, avec la même signature d’en-tête (D0 CF 11 E0 A1 B1 1A E1). Seule l’inspection des flux internes au conteneur révèle qu’il s’agit d’un modèle plutôt que d’un classeur ou d’une présentation ordinaire.

Cette mécanique a une conséquence de sécurité identique dans les deux générations : un modèle capable d’embarquer des macros VBA (le DOTX et le XLTX l’excluent par construction, une version macro-activée devant obligatoirement porter l’extension .dotm ou .xltm, alors que le XLT et le POT binaires l’autorisent nativement) expose ce code à s’exécuter à chaque nouveau document créé à partir du modèle, pas seulement à l’ouverture ponctuelle d’un fichier isolé. Un modèle d’entreprise partagé sur plusieurs postes constitue donc un vecteur plus persistant qu’une simple pièce jointe piégée.

Que le modèle soit un DOTX/XLTX récent ou un XLT/POT hérité de la période 97-2003, le mécanisme reste le même : une déclaration interne au fichier (attribut de conteneur ZIP ou flux binaire OLE) indique à l’application de générer une copie vierge plutôt que d’éditer directement l’original, une protection contre l’écrasement accidentel du modèle qui a traversé sans changement le passage du binaire au XML.

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