Comparatif

PSD, AI, EPS, INDD : quel format de fichier design conserver selon l'étape du projet

Retouche photo, dessin vectoriel, mise en page professionnelle : ces formats natifs Adobe ne se substituent pas les uns aux autres, malgré des passerelles techniques entre eux.

Ces quatre formats natifs Adobe correspondent chacun à une étape distincte d’un projet de design, pas à des variantes interchangeables d’un même type de fichier.

FormatRôleNature des donnéesOuvrable sans le logiciel natif
PSDRetouche photo, compositionPixels, calques, masquesPartiellement (GIMP, Photopea)
AIDessin vectorielVecteurs (PDF depuis 2001)Oui, comme un PDF en lecture
EPSVectoriel d'échangePostScriptOui, format en déclin
INDDMise en pagePages, styles, liens externesNon, quasi exclusif à InDesign

Le PSD conserve l’intégralité de la structure d’édition d’un document Photoshop : calques, masques de fusion, styles et canaux alpha. Cette richesse a un coût : un PSD reste rarement lisible tel quel en dehors de Photoshop ou de ses concurrents directs, et sa taille peut devenir considérable sur un document à nombreux calques. C’est un format de travail, pas un format de diffusion.

Le AI a une particularité d’identification rare : depuis la version 9 d’Illustrator (2001), un fichier AI est en réalité un PDF, dans lequel Illustrator embarque en plus des données vectorielles privées permettant de rouvrir le document en édition complète. Un AI récent porte donc exactement la même signature qu’un PDF ordinaire et s’ouvre comme tel dans n’importe quel lecteur PDF pour un aperçu visuel — sans les tracés éditables, réservés à Illustrator. C’est un cas concret où l’extension ne dit rien de plus que la signature binaire elle-même ne révèle déjà (voir extension vs signature binaire).

Le EPS, sous-ensemble contraint du langage PostScript, a longtemps été le format de choix pour les logos et illustrations vectorielles destinés à être insérés dans une mise en page professionnelle, grâce à son “BoundingBox” obligatoire qui déclare toujours ses dimensions exactes. Il a progressivement cédé la place au PDF, plus universel, et reste aujourd’hui surtout rencontré dans des chaînes de production éditoriale historiques.

Le INDD, contrairement aux trois précédents, n’est pas conçu pour l’échange : c’est un format de travail propriétaire dont la lecture reste très largement circonscrite à InDesign. Il lie généralement ses images par référence plutôt que par intégration directe, ce qui signifie qu’un fichier transmis sans le “paquet” complet des ressources affichera des liens rompus chez le destinataire.

En résumé : PSD comme fichier de travail pour la retouche photo, AI ou EPS pour un visuel vectoriel destiné à être réutilisé ailleurs, INDD strictement comme fichier de production interne — avec un export PDF pour toute livraison finale ou impression.

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Sources

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